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Des brebis tondent les bassins d’orage

Caux Seine agglo a passé une convention avec un éleveur d’ovins pour l’entretien de 16 de ses bassins d’orage. Des brebis assurent désormais la « tonte » des herbes hautes. Une solution écologique et économique menée à titre expérimental.

Jour de déménagement pour le troupeau de brebis installé sur le bassin d’orage des 4 chemins, en pleine zone résidentielle de PJ2S. L’éleveur de la ferme des écureuils, propriétaire de ces bêtes rustiques, arrive pour prendre en charge les Solognotes dans sa remorque et les emmener à quelques centaines de mètres de là sur la digue des pommiers. Ici, l’herbe y est plus haute. Elles vont trouver à nouveau de quoi se sustenter ! Il n’aura fallu que dix jours au troupeau de 41 bêtes pour avaler toutes les herbes des 2900 m2 du bassin d’orage précédent. La méthode fait ses preuves ! David Copin, coordinateur rivières et ruissellement à la direction de l’eau de Caux Seine agglo s’en réjouit. « C’est tellement sympathique de pouvoir voir des animaux dans ces bassins ! »

L’idée de privilégier l’écopâturage sur les ouvrages hydrauliques de Caux Seine agglo ne date pas d’hier. « Nous avions deci delà des particuliers qui installaient quelques moutons sur certains de nos ouvrages, mais jamais encore nous n’avions passé d’accord avec un agriculteur pour une généralisation de la pratique sur un nombre conséquent de bassins ou digues », explique le technicien de Caux Seine agglo.

16 bassins entretenus

C’est à la faveur d’une rencontre qu’un accord a pu être passé avec l’éleveur d’Appeville-dit-Annebault, aujourd’hui propriétaire d’une centaine de brebis. Installé à son compte depuis 2019 à la ferme de l’écureuil, le paysan sans terre, comme il aime s’appeler, a déjà l’expérience de l’écopâturage en lien avec des collectivités publiques. « Je travaille déjà avec la communauté de communes de Pont-Audemer Val de Risle et je suis en discussion en ce moment même avec Roumois Seine. »

Pour Caux Seine agglo, l’éleveur a passé convention pour l’écopâturage sur 16 bassins d’orage. « C’est à lui d’organiser les rotations du troupeau d’un point à un autre et de l’abreuver le temps de sa pâture. Caux Seine agglo a pris en charge quand ce n’était pas déjà fait, le clôturage des ouvrages hydrauliques pour assurer la quiétude des bêtes comme des hommes », indique David Copin. L’entente semble plutôt bonne, d’ailleurs, dans cette nouvelle relation de voisinage. La Solognote est connue pour sa douceur et sa docilité. Cette espèce, dite rustique, est aussi, parfaitement adaptée au bassin de lutte contre les inondations. « Les pentes ne l’effraient pas et son gabarit nous assure qu’elle ne fragilisera pas les digues », détaille le coordinateur de Caux Seine agglo. Le choix des 16 bassins d’orage a été entrepris en pleine concertation avec l’éleveur qui y trouvait toutes les conditions réunies pour le bien-être de son troupeau. « En cas de fortes pluies, les bêtes peuvent aisément trouver refuge sur la hauteur des digues », illustre l’éleveur de la ferme de l’écureuil.

Une expérimentation amenée à s’étendre

Caux Seine agglo trouve de nombreux avantages avec cette présence animale. Le premier est écologique, bien entendu.

« L’animal se substitue au travail mécanique de la faucheuse. C’est moins polluant, plus respectueux de l’environnement et plus économique, car nos engins sont coûteux en carburant », se réjouit David Copin. Cette politique de défense de la biodiversité entre évidemment dans les objectifs du PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial) de Caux Seine agglo, Territoire 100 % ENR (hors industries) à l’horizon 2040. Avantage aussi que l’usage du troupeau en matière de sécurité au travail. « La débroussailleuse en pente, ce n’est pas toujours évident pour nos équipes », explique encore le professionnel de Caux Seine agglo. Et cette présence animale plaît également aux promeneurs et riverains qui interrompent bien souvent leur déambulation pour contempler le troupeau. Caux Seine agglo mène cette expérimentation pendant un an, mais la direction du grand cycle de l’eau espère pouvoir l’étendre à d’autres partenariats pour couvrir un plus grand nombre de ses ouvrages hydrauliques. Ils sont au nombre de 161.